l’Art contemporain Perspectives 94 et 95

Quelques étapes nécessaires à la libération de l’expression et au passage à l’abstraction

Qu’en est-il de l’Art contemporain ? Où se place t-il par rapport à l’Art moderne ? L’article de Myriam Dao s’y attèle et donne sa réponse.

Qui est artiste ? Que de notions à clarifier afin d’éviter bien des confusions.
Nous vivons une ère aux frontières éclatées ou floues, tant géographiques que conceptuelles. Sens et non sens s’éclipsent et se perdent dans les abysses. Les mots écornés, tronqués, abimés, entamés ou blessés se jouent de ces extravagances et les non- dits s’insinuent dans des espaces en jachère. C’est ainsi qu’ayant oublié ce qu’était un artiste et son pourquoi, quels que soient les médiums ou les espaces de leurs expressions - les observateurs ou les journalistes et autres « penseurs » témoignent ou entretiennent le plus souvent une confusion où beaucoup trop de prétendus artistes s’emparent à moindre frais du marché de l’art et bien sûr du terrain médiatique. La visibilité du public obturée et les artistes humiliés se contentent des restes. Ce qui n’empêche pas le génie de grands prédateurs !

Paradoxalement, le Viet Nam, dont François Damon (article qui paraîtra dans le numéro 95) regrette l’absence d’un espace spécifique réservé à l’Art contemporain, alors que la Corée du Nord devrait en construire un prochainement, peut se targuer d’avoir de vrais artistes d’Art contemporain. Tran Luong s’est imposé comme tête de file avec sa performance bien connue, quand il se brosse simplement les dents sur la place Tiān’ānmén en 2007. Il n’en demeure pas moins un authentique artiste, la poésie et l’humour de ses œuvres en témoignent.
L’article mais surtout le mémoire de Gérard Holtzer récemment soutenu, sont un véritable inventaire des acteurs et lieux d’Art contemporain : Exposés avec une précision quasi chirurgicale de l’expert comptable qu’il a été, il analyse point par point les obstacles orchestrés par l’État parti.

Et si tout simplement la tentative de l’Art contemporain résidait dans ces mécanismes à mettre en place pour un meilleur passage à l’abstraction qu’exigent les sociétés dites développées ? Une entreprise purement pédagogique ? Dom de Miscault